Alain Cavalier

Alain Cavalier

 

Alain Cavalier a été assistant de Louis Malle avant de tourner deux films en référence explicite à la fin de la guerre d’Algérie, dont l’insuccès commercial l’a contraint à se replier sur des productions moins personnelles. Il passe à la réalisation avec le court métrage Un Americain (1958) et enchaîne avec deux longs métrages politiques qui déclenchent les foudres de la censure : Le Combat dans l'ile (1961) et L'Insoumis (1964). Il connaît ses premiers succès avec le polar Mise à sac (1967) et surtout, avec une adaptation d'un livre de Francoise Sagan : La Chamade. Il revient huit ans plus tard avec des oeuvres plus expérimentales et épurées comme Le Plein de super (1976) et Martin et Lea (1978). Cinéaste discret, scrupuleux, exigeant, il renoue avec le succès public avec Un étrange voyage et surtout avec Thérèse en 1986, une évocation de la sainte de Lisieux dont l’humanité, l’intensité et le dépouillement font de ce film un événement. Le réalisateur poursuit son travail d'épure jusqu'à tourner en 1993 un film sans dialogues, Libera me, qui a pour thème l'oppression et la torture. Alain Cavalier décide alors d'abandonner la fiction et réalise des séries documentaires de portraits (Vies, 2000). En 2002 il mélange fiction et réalité avec René où l'un de ses amis comédien de 155 kg s'engage à perdre du poids. Son travail autobiographique se poursuit avec Le Filmeur, un journal intime filmé entre 1994 et 2005. Hors norme, il passe plusieurs années à tourner des « portraits », évocations attentives des gestes de métiers en train de disparaître. Là encore, comme dans Libera me, c’est le souci du fait humain qu’il réitère avec la douceur obstinée qui éclaire toute son oeuvre.